Où es-tu ? Dis, je t'appelle,
Toi, ma plume originelle ;
À tout poète son arme,
À tout mystique son âme.
Quand mes cris sourds dans la nuit
Sont des appels au secours,
Je n'attends rien, non, rien si
Ce n'est ton fougueux retour.
À toi l'encre qui m'irrigue,
Qui me transmet ta missive,
Quand même rire m'irrite,
Quand la haine est permissive,
C'est toi qui prend le relai,
Lorsque je suis en retrait,
Toi qui as fait du rejet
Ce feu par quoi je renais.
Ma terrible renaissance,
La combustion de mes sens
Évasion, l'évanescence,
Mon feu, ma convalescence.
Tant de fois je t'ai crue partie
Alors qu't'étais juste ensevelie
Par tout ce que ce monde vomit
De négativité, de bruit,
A la faveur d'un soir mystique
Tu me reviendras sans doute
Dans une brume bleue métallique
Par la moiteur d'un mois d'août
Là mon cœur se reposera
Sur tes grandes ailes d'argent
Et le monde s'endormira.
